Navigation

SWI Arena: revivez les meilleurs moments du débat sur le mariage pour tous

«Je pense que le mariage pour tous deviendra une réalité en Suisse», a reconnu vendredi Benjamin Roduit, député du Centre et membre du comité référendaire, dans l’émission SWI Arena. Ce dernier a défendu les arguments des opposants, alors que la députée socialiste Tamara Funiciello représentait le camp du oui.

Ce contenu a été publié le 25 août 2021 - 09:16

Les opposants au mariage pour tous s’attendent à une défaite dans les urnes, après les résultats du premier sondage de la SSR en vue des votations fédérales du 26 septembre. L’enquête de l’institut gfs.bern révèle que 69% des personnes interrogées sont favorables à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. «Je peux vivre avec un échec de notre référendum», a déclaré le député du Centre Benjamin Roduit.

Tamara Funiciello, députée socialiste et membre de l’Organisation suisse des lesbiennes, ne veut toutefois pas crier victoire trop vite: «Dans une démocratie, on n’a jamais de garanties. Nous allons continuer la campagne jusqu’au bout.»

«Nous n’avons pas le recul nécessaire pour savoir si les enfants qui grandiront avec deux mères et sans père auront des problèmes»

Benjamin Roduit, député du Centre

End of insertion

Alors que la plupart des pays d’Europe occidentale ont déjà ouvert le mariage aux couples de même sexe, les Suisses se prononceront en septembre sur un projet de mariage civil pour tous qui inclut l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes. Après l’adoption de ce changement législatif par le Parlement, un comité interpartis, composé principalement de représentants des deux partis de la droite conservatrice, l'Union démocratique fédérale (UDF) et de l'Union démocratique du centre (UDC), a lancé un référendum contre le projet.

La question des enfants divise

L’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels et à l’accès à la PMA pour les femmes lesbiennes dérange les opposants. «Nous n’avons pas le recul nécessaire pour savoir si les enfants qui grandiront avec deux mères et sans père auront des problèmes», a argumenté Benjamin Roduit, au cours du débat. Pour Tamara Funiciello, il s’agit simplement d’adapter le cadre légal à la réalité de la société actuelle et de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. «En Suisse, quelque 30’000 enfants vivent déjà dans des familles homoparentales», a-t-elle rappelé.

Le camp du non craint également que le mariage pour tous n’ouvre la voie à la légalisation de la gestation pour autrui (GPA), soit le recours à une mère porteuse. Ce n’est absolument pas le cas, a toutefois assuré la députée socialiste. «Je ne suis pas sûre que c’est un pas qu’il faudra franchir un jour, mais en tout cas la discussion devrait être menée dans un autre contexte», a-t-elle commenté.

«Vous êtes en train de dire que ce n’est pas juste que les hommes n’ont pas d’utérus. C’est une chose que nous ne pouvons pas changer, mais nous pouvons changer mes droits et ceux de mes enfants»

Tamara Funiciello, députée socialiste 

End of insertion

Aux yeux de Benjamin Roduit, le projet crée une nouvelle inégalité entre les couples de femmes et d’hommes, puisque ces derniers n’auront pas la possibilité de procréer. «Si j’étais un homme homosexuel, je bondirais», a-t-il affirmé.

Tamara Funiciello ne considère toutefois pas qu’il s’agisse d’une inégalité. L’injustice réside, pour elle, dans le fait que les femmes peuvent avoir accès à la PMA si elles épousent un homme, mais pas si elles sont mariées avec une femme. «Vous êtes en train de dire que ce n’est pas juste que les hommes n’ont pas d’utérus. C’est une chose que nous ne pouvons pas changer, mais nous pouvons changer mes droits et ceux de mes enfants», a-t-elle souligné.

Les commentaires ont été désactivés pour cet article. Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

Partager cet article

Joignez-vous à la discussion

Avec un compte SWI, vous avez la possibilité de faire des commentaires sur notre site web et l'application SWI plus.

Connectez-vous ou inscrivez-vous ici.