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Une vie de pendulaire à longue distance

Une vie de pendulaire avec enfant: Andrea Loeffel et sa fille prêtes à s'envoler. Andrea Loeffel

Être chez soi dans deux pays: c’est une réalité pour de nombreux Suisses qui font la navette entre la Suisse et un autre pays. Témoignage de deux Suissesses qui ont régulièrement pendulé.

Ce contenu a été publié le 17 mai 2021 - 12:49

Depuis six ans, Andrea Loeffel (41 ans) fait la navette entre la Suisse et l’Autriche. «Je prends le train depuis Spiez, dans le canton de Berne, jusqu’à l’aéroport de Zurich, puis je vole jusqu’à Ljubljana, la capitale de la Slovénie, et enfin je roule 45 minutes en voiture jusqu’en Carinthie: c’est un long trajet!», raconte-t-elle.

Avant la pandémie, elle faisait la navette toutes les deux semaines. Officière de carrière, elle a commencé ces trajets lorsqu’elle a fait la connaissance de son futur mari, un Autrichien. Après deux ans de relation à distance, elle s’est installée à Vienne pour des études de Master. Pendant deux ans, elle a pendulé en triangle: Carinthie – Vienne – Suisse.

«Une période intense»

Esther Rois-Merz (41 ans) a également fait la navette entre l’Autriche et la Suisse. Mais en 2013, elle a carrément émigré à Vienne. Elle garde cependant un excellent souvenir des quatre années précédentes qu’elle a passées à vivre alternativement dans les deux pays. «C’était une période très intense, dit-elle, J’ai vraiment apprécié d’être chez moi dans deux pays.»

Au départ, Esther Rois-Merz s’est elle aussi installée à Vienne pour ses études. SpécialisteLien externe en audio acoustique, elle a conservé un emploi en Suisse et a négocié avec son patron: elle a pu réduire son temps de travail à 50%, et travailler aussi sur place. «Je passais alors deux semaines en Suisse et deux semaines à Vienne», explique-t-elle. Pour ce faire, il est indispensable d’avoir une bonne organisation et aucun engagement hebdomadaire, souligne-t-elle.

Esther Rois-Merz «on tour» - elle a fait pendant quatre ans l'aller-retour entre Zurich et Vienne. Esther Rois-Merz

Penduler avec un enfant

La situation devient encore plus complexe lorsqu’un enfant arrive dans la famille: la fille d’Andrea Loeffel est née au cours de sa dernière année d’études. En raison de sa carrière dans l’armée, elle est toujours liée à la Suisse. Ses parents, qui vivent en Suisse, sont donc pour elle d’un grand soutien – sans eux, ce mode de vie ne serait pas possible.

Elle juge le temps passé à penduler éprouvant, mais aussi enrichissant. Elle se sent chez elle dans les deux endroits. «Le paysage n’est pas très différent et sur le plan linguistique, le suisse allemand est apparenté aux dialectes autrichiens, explique-t-elle. Cependant, quelque chose se perd de temps en temps entre les cultures. Il y a de nettes différences de vocabulaire.»

Andrea Loeffel y voit aussi un défi dans l’éducation des enfants: «Je tiens absolument à ce que ma fille garde ses racines suisses. Pour l’instant, elle parle le suisse allemand, et sa famille autrichienne ne le comprend souvent pas très bien. Mais je n’aimerais pas qu’elle oublie le suisse allemand.»

Pour penduler entre deux pays avec un enfant, il faut une bonne organisation et le soutien de la famille. Andrea Loeffel

Esther Rois-Merz est également nostalgique des particularités suisses. «Ce que je trouve si beau en Suisse, et ce qui me manque précisément en cette période de pandémie, c’est la nature, les randonnées. Et la ponctualité! En Autriche, on a un style de vie plus bohème, mais c’est très bien aussi. Et Vienne est tout simplement une ville magnifique avec beaucoup de culture», dit-elle. Le fait de ne pas avoir à faire la navette pendant la pandémie est un grand soulagement pour elle.

Penduler en temps de pandémie

Pour Andrea Loeffel et sa famille, en revanche, la pandémie a rendu la vie plus compliquée. «L’année dernière, nous ne pouvions nous voir que pendant les vacances, pour autant que les circonstances le permettaient. C’est pourquoi il sera agréable de se voir tous les jours après avoir déménagé en Autriche.»

À la fin du mois de mai, elle et sa fille émigreront en effet toutes deux en Autriche et, dès l’automne, sa fille y fréquentera le jardin d’enfants. La recherche d’emploi a été quelque peu difficile - aussi en raison de la pandémie. Andrea Loeffel est sur le point de changer d’emploi: elle a conclu un bail pour une pension et va devenir aubergiste. Une décision courageuse à l’heure de la pandémie de coronavirus. «Mais je suis convaincue que cela va fonctionner», dit-elle.

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