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Troisième vaccin: la Suisse a reçu les demandes plus tard que l'UE

Le directeur de Swissmedic Raimund Bruhin explique que les demandes d'homologation pour un 3e vaccin sont arrivées plus tard en Suisse qu'aux Etats-Unis ou dans l'UE. D'où un processus d'évaluation plus long. (archives) KEYSTONE/ANTHONY ANEX sda-ats
Ce contenu a été publié le 24 octobre 2021 - 12:15
(Keystone-ATS)

Le directeur de Swissmedic se défend de l'accusation d'être trop lent dans l'homologation d'un 3e vaccin contre le Covid-19. La Suisse dépend pour le vaccin de rappel des entreprises pharmaceutiques, explique Raimund Bruhin dans la NZZ am Sonntag.

"Swissmedic est tout sauf lent", souligne le directeur de l'Institut d'autorisation et de surveillance des produits thérapeutiques, ajoutant que les fabricants de vaccins décident eux-mêmes de la date de dépôt de leurs demandes. L'agence européenne des médicaments EMA et son homologue américaine ont reçu les demandes plus tôt.

Selon M. Bruhin, Swissmedic a reçu les demandes d'autorisation de mise sur le marché d'une injection de rappel de Pfizer et de Moderna à la mi-septembre. Les données requises sont toutefois transmises de manière échelonnée. Actuellement, l'évaluation est "bien avancée".

Non à une intervention politique

Le directeur de Swissmedic se prononce contre le fait de faire dépendre les homologations de critères politiques, comme cela a été le cas en Israël par exemple. Ceux qui procèdent de cette manière doivent ensuite assumer la totalité du risque sanitaire et la responsabilité juridique.

Il n'est pas question de s'en remettre à l'appréciation des autorités d'homologation étrangères en matière de 3e vaccin, poursuit M. Bruhin. La responsabilité incombe à Swissmedic. Il est en outre important de conserver la confiance de la population, d'autant plus que la Suisse n'est pas le pays le plus disposé à se faire vacciner.

Jusqu'à présent, les autorités helvétiques ne recommandent la vaccination de rappel qu'aux personnes dont le système immunitaire est affaibli, par exemple celles ayant subi une transplantation. Selon les données officielles, près de 7700 troisièmes doses ont été administrées en Suisse jusqu'à présent.

Les voix critiques se multiplient

Les experts dans les hôpitaux et maisons de retraite ont demandé à la Confédération de faire preuve de plus de célérité, au vu des cas d'infection survenus malgré une vaccination complète. Pour les plus de 70 ans, le bénéfice d'un 3e vaccin est tout à fait incontestée, a déclaré samedi dans la presse l'infectiologue Huldrych Günthard, de l'hôpital universitaire de Zurich.

Selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), une troisième vaccination pour tous est actuellement hors de question. Patrick Mathys, chef de la section gestion de crise et coopération internationale à l'OFSP, a expliqué jeudi qu'il y a actuellement "peu d'évidences sur le bénéfice d'un rappel pour tout le monde".

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