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Nouvelle méthode d'analyse de l'air développée à l'EPFL

Le prototype que les chercheurs comptent perfectionner ces prochains mois. Alain Herzog/EPFL sda-ats
Ce contenu a été publié le 28 juillet 2021 - 11:52
(Keystone-ATS)

Des chercheurs de l’EPFL ont développé une nouvelle méthode d’analyse de la pollution de l'air utilisant la spectroscopie infrarouge. L'objectif est d'obtenir un dispositif portatif utilisable en laboratoire, sur le terrain ou en entreprise.

Satoshi Takahama et Nikunj Dudani, chercheurs au Laboratoire des processus atmosphériques et de leurs impacts de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ont mis au point un système qui pourrait remplacer l'ensemble des instruments habituellement utilisés pour mesurer la qualité de l'air par un seul appareil suffisamment petit pour tenir dans un bagage à main.

La méthode consiste à projeter de la lumière sur les particules pour mesurer leurs propriétés optiques, révélant des informations sur leur composition, leur origine et d'autres caractéristiques. Le nouveau système se base sur la spectroscopie infrarouge (IR) pour identifier les différents composés, et ce pour une fraction du coût des instruments actuels, a indiqué la haute école lausannoise mercredi dans un communiqué.

La spectroscopie IR est déjà largement utilisée dans les études pharmaceutiques, l'analyse de la qualité des aliments et l'industrie du bâtiment. "Comme notre méthode analyse la composition des particules en ligne, il n'est pas nécessaire de stocker et d'expédier des filtres, ce qui peut entraîner des erreurs de mesure", explique Satoshi Takahama, cité dans le communiqué.

La spectroscopie IR permet également d'analyser les particules de manière non destructrice, sans nécessiter d'étapes supplémentaires de transformation des échantillons.

Analyse des données incorporée

Le nouveau système comprendra un logiciel d'analyse des données afin d'offrir aux clients une solution clé en main. "Nous voulions standardiser et automatiser l'étape d'analyse des données, car les instruments existants nécessitent en l’état une importante expertise pour être utilisés correctement", explique Nikunj Dudani, ancien doctorant de Satoshi Takahama.

L'objectif est que le dispositif compact puisse être utilisé dans des expériences de laboratoire, des mesures sur le terrain, des systèmes de surveillance gouvernementaux et non gouvernementaux, des usines ou d'autres environnements intérieurs et extérieurs. Il pourrait aussi être installé à côté des systèmes de ventilation des bâtiments ou acheté par les fabricants dont les activités génèrent de grandes quantités de particules fines.

Les scientifiques voient un potentiel considérable pour leur dispositif. Innosuisse vient de leur octroyer une bourse de 250'000 francs pour poursuivre leurs travaux. Ces fonds leur permettront de mettre au point un prototype viable de la technologie et de créer une start-up pour déployer leur appareil à grande échelle, y compris dans les pays en développement.

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