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LGBTIQ: les mentalités peinent à évoluer en Suisse

Les Suisses voteront le 26 septembre sur le mariage pour tous. La Confédération a ainsi l’occasion de rattraper son retard sur les autres pays d’Europe en matière de droits des personnes LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexuelles et queer).

Ce contenu a été publié le 27 mai 2021 - 09:23
Paula Troxler (illustration)

La Suisse est actuellement l’un des derniers pays d’Europe occidentale à ne pas autoriser les couples de même sexe à se marier. Ils ont uniquement la possibilité de conclure un partenariat enregistré, une forme d’union qui ne leur confère pas les mêmes droits que les hétérosexuels. La donne pourrait changer le 26 septembre prochain: les Suisses voteront sur projet de loi sur le «mariage pour tous».

Le texte, adopté par le Parlement en décembre 2020, prévoit l’ouverture du mariage aux homosexuels. En outre, il faciliterait l’accès au don de sperme pour les couples de femmes, permettrait l’adoption conjointe et la naturalisation facilitée du conjoint.

Un comité interpartis, composé principalement de représentants de la droite conservatrice, a lancé avec succès un référendum contre la législation. Il estime que le «mariage pour tous» «reviendrait à ouvrir une brèche sociale et politique qui évacue la définition historique du mariage, compris comme l’union durable d’un homme et d’une femme».

Le peuple devra ainsi trancher dans les urnes. Une décision que les familles arc-en-ciel du pays attendent avec impatience, afin de pouvoir bénéficier d'une meilleure sécurité juridique.

La dernière petite victoire en date pour la communauté LGBTIQ remonte au 9 février 2020. Les Suisses ont accepté dans les urnes de sanctionner les discriminations basées sur l’orientation sexuelle au même titre que le racisme.

Il y a encore du travail pour atteindre l’égalité des droits des minorités sexuelles et de genre, avertissent toutefois les spécialistes en Suisse et à l’étranger.

Malgré des progrès constants en matière d’acceptation de l’homosexualité au sein de la société, l’homophobie reste encore un problème en Suisse. Discriminations, attaques verbales et physiques basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre jalonnent encore le parcours de certaines personnes.  

«La particularité de l'homophobie et de la transphobie est que le rejet peut venir de la famille elle-même», explique Caroline Dayer, experte des questions de violence et de discrimination, de genre et d'égalité. 

En outre, certains mouvements religieux ultraconservateurs se montrent encore particulièrement intolérants vis-à-vis des minorités sexuelles et pratiquent parfois, de manière plus ou moins transparente, les thérapies de conversions.    

Au cours des dernières années, des actions pour lutter contre l’homophobie, notamment dans le cadre scolaire, ont vu le jour. Il s’agit souvent d’initiatives privées basées sur le bénévolat, comme celui de l’association bernoise ABQ. 

Jadis, la Suisse s’était montrée avant-gardiste en matière de droits des LGBTIQ. Elle a dépénalisé l’homosexualité en 1942, alors que la répression envers les homosexuels faisait rage dans les pays voisins. En 2007, lorsqu’elle a introduit le partenariat enregistré, elle est devenue le premier pays au monde où la reconnaissance des couples homosexuels a été accordée directement et massivement (58%) par le peuple.  

Depuis janvier 2018, les homosexuels ont le droit d’adopter l’enfant de leur partenaire. Cependant, le partenariat enregistré ne permet pas aux couples de même sexe d’adopter des enfants ou d’avoir recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Beaucoup de couples optent ainsi pour des solutions alternatives, notamment en ayant recours à des banques de sperme à l'étranger. 

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