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Certificat Covid: accueil mitigé dans les universités suisses

Keystone / Alexandra Wey

Des milliers d’étudiantes et d’étudiants reprennent le chemin de l’université ce lundi. La plupart devront montrer leur certificat Covid.

Ce contenu a été publié le 20 septembre 2021 - 16:00

Après deux périodes de confinement et pas mal de cours à distance durant les 18 derniers mois, ce sera la première fois que nombre d’élèves remettront les pieds sur le campus.

La plupart des douze universités publiques du pays ont désormais décidé d’introduire le certificat Covid, qui montre si une personne est vaccinée, testée ou guérie, pour pouvoir assister aux cours en présentiel. Parmi elles, les deux École polytechniques fédérales de Lausanne  (EPFL) et de Zurich (EPFZ).

La décision est tombée après que le gouvernement a dit que les universités pouvaient introduire l’exigence du certificat pour l’enseignement aux niveaux Bachelor et Master. Le 13 septembre, son usage a été étendu aux espaces publics comme les restaurants, les événements culturels et les activités de loisirs, alors que la Suisse affronte une quatrième vague de coronavirus, poussée en partie par la propagation du très contagieux variant Delta parmi les jeunes gens non vaccinés.

Masques

Dominique de Quervain fait partie de ceux qui saluent la mesure. À la mi-août, ce professeur à l’Université de Bâle avait provoqué la controverse – et de nombreux débats – lorsqu’il avait tweetéLien externe qu’il ne tiendrait pas de cours en présentiel si des étudiantes et des étudiants non vaccinés et non testés étaient admis dans les salles de cours.

«Le port du masque durant les cours restera toutefois important», déclare par courrier électronique le professeur de neurosciences cognitives à swissinfo.ch. «L’EPFZ et les Universités de Lausanne et de Berne ont déjà décidé de le rendre obligatoire».

Selon lui, les tests pourraient passer à côté de quelques cas positifs parmi les non vaccinés.

Différences

Pour Dominique de Quervain, il y a encore un autre problème: les différences dans la manière dont la mesure va être appliquée. À Bâle, où il enseigne, l’Université n’introduira l’obligation du certificat que le 1er novembre, pour laisser le temps aux gens de se faire vacciner.

Selon un autre tweetLien externe du professeur, ce délai montrerait que l’Uni de Bâle «accorde la priorité aux besoins de ceux qui, contre les recommandations et les possibilités, ne se sont pas encore fait vacciner plutôt qu’à la sécurité de l’enseignement».

À Lugano, l’Université de la Suisse italienne n’a pas introduit l’obligation du certificat. Comme elle l’a annoncé dimanche à la télévision publique alémanique SRF, l’institution a suffisamment de place, et le masque sera obligatoire. L’Université a également dit vouloir éviter toute discrimination et tout conflit possible entre les étudiants.

Ailleurs, les Hautes Écoles ont bien du mal à déterminer comment elles vont procéder au contrôle des certificats. Certaines, comme l’Université de Zurich, procéderont à des contrôles ponctuels et s’appuieront sur des mesures techniques et sur la responsabilité personnelle. Mais certaines sont encore en train d’élaborer leurs mesures à l’heure où nous publions ces lignes.

Étudiantes et étudiants partagés

Au sein du corps estudiantin, les réactions sont mitigées. Des critiques s’élèvent contre l’absence de consultation, tant au niveau national qu’au niveau local.

«C’est une nécessité urgente pour assurer un large soutien à ces mesures. Nous sommes également déçus que la coordination entre les institutions académiques ne fonctionne pas mieux», déclare à swissinfo.ch Elischa Link, coprésident de l’Union des étudiant·e·s de Suisse.

Selon lui, les réactions des membres montrent que le certificat reste controversé. «Le sentiment général, c’est que les gens sont irrités de voir l’éducation mentionnée à côté des activités de loisirs. Ce n’est pas comparable, et d’autres normes doivent s’appliquer. Il y a également un consensus sur le fait que l’accès à l’éducation doit être garanti pour tous», ajoute Elischa Link par courrier électronique.

Approche hybride

Certaines Hautes Écoles, comme l’EPFL, ont déjà déclaré qu’elles proposeraient une approche hybride, avec des cours en ligne et en présentiel. Ainsi, «les étudiants qui n’ont pas le certificat ne seront pas exclus de l’enseignement».

D’autres se sont engagées, conscientes que certains élèves n’auront pas les moyens de se faire tester à répétition une fois que le gouvernement cessera de payer les tests – ce qui devrait arriver dès le 1er octobre.

L’Université de Genève offrira à ses étudiantes et étudiants non vaccinés des tests salivaires gratuits, qui seront valables pour les cours, mais pas pour les autres lieux publics. À Berne, des tests PCR seront offerts à plusieurs endroits du campus. Les Unis de Lausanne et de Zurich offrent également des tests gratuits, jusqu’au 31 octobre.

À l’étranger

Ailleurs dans le monde, la situation en matière de certificats et de vaccins diffère d’un lieu à l’autre. Selon la base de données de la revue américaine Chronicle of Higher Education, plus de 1000 universités publiques et privées aux États-Unis exigeront que leurs étudiantes et étudiants soient vaccinés contre le coronavirus, mais la mesure a suscité la controverse dans certains milieux.

En Italie, le personnel et les élèves des universités doivent présenter leur passeport vert, qui est l’équivalent du certificat Covid suisse. En Autriche et en Allemagne, de nombreuses institutions ont adopté le principe vacciné, guéri ou testé.

Mais la France n’exige pas de certificat Covid pour étudier et en Grande-Bretagne, certains professeurs ont émis des critiques sur le fait que les directives du gouvernement pour le retour à l’enseignement en présentiel n’incluent pas de mesures de protection adéquates contre la propagation de la Covid-19.

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