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Cinquième Suisse

Aujourd'hui en Suisse

Bonjour à vous, Helvètes du monde,

Le prochain grand rendez-vous de démocratie directe approche à grands pas: le 28 novembre, citoyennes et citoyens suisses se prononceront sur trois thématiques: certificat Covid, soins infirmiers et justice fédérale. Première prise de température, à un peu plus d’un mois de la votation.

Cette dernière newsletter de la semaine se penche également sur des fuites de documents liés au prochain rapport du GIEC. La Suisse ne serait-elle pas aussi bonne élève qu’elle veut le faire croire en matière de lutte contre le changement climatique? Pire, ferait-elle en coulisses l’inverse de ce qu’elle prône officiellement? Je vous laisse le découvrir.

Excellente lecture et bon week-end,

Ce contenu a été publié le 22 octobre 2021 - 16:57


Près de 80% des personnes interrogées dans le 1er sondage SSR sont favorables à une revalorisation des conditions de travail des infirmières et infirmiers. Keystone / Laurent Gillieron

L’initiative sur les soins infirmiers et la loi Covid-19 partent du bon pied, d’après le premier sondage SSR consacré aux prochaines votations, qui auront lieu le 28 novembre.

Selon cet état des lieux des intentions de vote avant le début de la campagne, plus de 6 personnes sur 10 sont en faveur de la loi Covid-19. Le texte, adopté en mars, sert de base légale au certificat Covid. La population doit revoter dessus le mois prochain, car un référendum a été déposé par un groupement anti «apartheid sanitaire».

L’initiative sur les soins infirmiers a pour sa part été dopée par la pandémie. La proposition de modification constitutionnelle, qui vise à éviter les pénuries et à revaloriser les conditions de travail du personnel soignant, est soutenue par près de 8 personnes sondées sur 10.

Pour le troisième objet soumis au vote le 28 novembre, l'initiative sur la justice, les choses se présentent en revanche plutôt mal. Le texte, qui propose d’introduire le tirage au sort lors de l'élection des juges du Tribunal fédéral, ne recueille à ce stade l’adhésion que de 43% du panel. Mais la part des indécis.es peut encore changer la donne.


Les pays les plus pauvres comptent sur l'aide financière des pays riches pour faire face à la crise climatique. Sur la photo: des femmes à Baligubadle, au Somaliland, pendant la sécheresse de 2019. Keystone / Mark Naftalin / United Nations D

La Suisse a-t-elle tenté de minimiser la responsabilité financière des pays riches dans la lutte contre le changement climatique? C’est ce que pourraient laisser penser des documents divulgués hier par les journalistes de la branche britannique de Greenpeace.

L’organisation écologiste a révélé le lobbying effectué par plusieurs pays, dans le but d’influencer le contenu du prochain rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). La Suisse figure parmi les États cités dans ces fuites de documents.

Selon la BBC, «beaucoup de [ces] commentaires sur le rapport visent à modifier les parties affirmant que les pays en développement auront besoin du soutien, notamment financier, des pays riches pour atteindre les objectifs de réduction des émissions.»

Ces commentaires ne visaient pas à remettre en question l'importance du financement en faveur du climat, assurent les autorités suisses. «Mais certains pays ont besoin d’un soutien financier (…) et d’autres non», ont-elles expliqué à swissinfo. Berne prévoit de demander une augmentation des investissements en faveur du financement climatique lors de la COP26.

  • Financement climatique: la Suisse soupçonnée de jouer un double jeu – l’article de mon collègue Luigi Jorio
  • Des pays, dont la Suisse, ont tenté de modifier le rapport du Giec – l’article de heidi.newsLien externe
  • L’article de la BBCLien externe, qui a consulté les documents divulgués (en anglais)
  • Financement climatique: qu'en est-il de la solidarité internationale? – notre article sur les insuffisances du financement climatique (février 2021)


La Suisse pourrait connaître une pénurie d'électricité dès 2025, selon le Conseil fédéral. © Keystone / Gaetan Bally

Intimement liée à la lutte contre le changement climatique, la stratégie énergétique de la Suisse a été observée à la loupe par les médias cette semaine. Le risque de «blackout» suscite de fortes inquiétudes, depuis que le gouvernement a annoncé une possible pénurie d’électricité dès 2025, faute d'accord-cadre avec l'Union européenne.

La Suisse va droit dans le mur, a critiqué l'ingénieur en énergie Marc Müller dans l’émission Forum de la RTS hier soir. Selon ce consultant spécialisé, le pays fait face à d’énormes enjeux en matière d'énergie. La stratégie de la Suisse est «complètement suicidaire», d’après lui, car elle parie sur le fait que les pays voisins lui fourniront de l’électricité, ce qui est loin d’être garanti.

«On est un pays d'enfants pourris gâtés», a-t-il déploré. «On pense que, sous prétexte qu'on a du pouvoir d'achat, il y aura des gens autour de nous qui vont nous fournir ce qu'on n'a pas envie de faire chez nous, notamment des éoliennes ou de la géothermie profonde.»

Pour le spécialiste, il est impératif «que l'on revoie notre façon de consommer de l'énergie» et que l’on «s’auto-limite». Et avant de miser sur les progrès technologiques, Marc Müller appelle à mettre la priorité immédiate sur l’isolation des bâtiments.

  • «La stratégie énergétique actuelle de la Suisse est suicidaire» - l’article de RTSinfoLien externe
  • Le sujet du 19h30Lien externe sur le rapport du Conseil fédéral, qui prévoit des pénuries d’électricité en Suisse
  • Le spectre de pénuries d’électricité met la Suisse dans tous ses états – l’article du TempsLien externe (abonnés)


Les noms de 130'000 entreprises, qui avaient fait une demande de crédit Covid via la plateforme Easygov, ont vraisemblablement été piratés. Keystone / Anthony Anex

On vous en a déjà parlé à plusieurs reprises ici, les cyberattaques se multiplient en Suisse ces dernières semaines. Après les communes de Rolle et Montreux, ainsi que plusieurs entreprises, l'administration fédérale vient encore d’annoncer en avoir été victime.

Une liste contenant les noms de 130'000 entreprises qui avaient fait une demande de «crédit Covid» aurait été volée par des pirates informatiques en août, a admis hier le Secrétariat d'État à l'économie (SECO). Il assure avoir immédiatement pris des mesures.

Aujourd’hui, les critiques au vitriol se multiplient dans les médias romands. Interrogé dans la matinale de la radio RTS, l'expert en cybersécurité Jean-Henry Morin a estimé que la Suisse payait «sa naïveté des dix dernières années».

«La maison brûle et l’administration fédérale n’en a pas conscience ou refuse volontairement de le voir», martèle pour sa part Alexis Roussel, cofondateur d’une plateforme de trading de cryptomonnaies, dans un article du Temps. Ce dernier donne la parole à plusieurs personnalités politiques ou spécialistes du domaine, affligées par la situation.

  • Une liste de noms d'entreprises volée sur le portail EasyGov – la dépêche ATS
  • «On n'a pas de gouvernance en matière de numérique dans ce pays» - l’interview de l’expert Jean-Henry Morin à la RTSLien externe
  • «C'est la crédibilité de nos institutions qui est ébranlée»:  le piratage du SECO indigne – l’article du TempsLien externe
  • Le télétravail, une brèche pour les cybercriminels – notre article de novembre 2020
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