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Au Brésil, «la liberté d’expression a un prix»

Le Brésil n'a jamais été très amateur de liberté d'expression, affirme l'acteur et humoriste brésilien Gregório Duvivier. L'animateur de l'émission hebdomadaire «Greg News» sur HBO Brésil, populaire auprès des jeunes, est le dernier contributeur de la série Global Voices of Freedom de swissinfo.ch.

Ce contenu a été publié le 18 octobre 2021 - 16:34

«J'ai certes la liberté d'expression, presque comme en Suisse, mais elle a un prix», déclare Gregório Duvivier.

Après une blague sur un Jésus-Christ gay en 2019, le comédien et ses collègues de la société de production Porta dos Fundos ont dû être placés sous la protection de gardes du corps armés pendant plusieurs mois. Leur studio de production a également été visé par une bombe incendiaire la veille de Noël.

Originaire de Rio de Janeiro, Gregório Duvivier a commencé à vivre de la comédie dès l'adolescence. Fils d'un sculpteur et d'une chanteuse, il s'est ensuite tourné vers le théâtre, la comédie et l'écriture. Il commente la politique brésilienne depuis huit ans.

«Je me sens très privilégié de travailler avec la société américaine HBO, qui n'a aucun lien avec le gouvernement brésilien. On me laisse dire ce que je veux, tant que ce n'est pas illégal», déclare le trentenaire.

Gregório Duvivier est très critique sur la situation de la liberté d'expression au Brésil, le plus grand pays et le plus peuplé d'Amérique latine, avec ses 210 millions d'habitants.

«Je ne crois pas que l’état de la liberté d’expression ait déjà été aussi déplorable qu'aujourd'hui. Ce gouvernement a ouvertement déclaré la guerre aux minorités», assène-t-il.

En tant qu'humoriste indépendant, il lui paraît impossible de rester silencieux et de ne pas s'exprimer.

«Mon devoir est de repousser les limites. Le pire danger pour la liberté d'expression, c'est de tomber dans l'obéissance par anticipation et l'autocensure», estime-t-il.

Son émission de Noël sur un Jésus homosexuel a d'abord été interdite en première instance, mais la Cour suprême du Brésil a finalement jugé qu'elle n'était «pas insultante pour les chrétiens».

Série Liberté d'expression

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