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La Suisse devrait investir davantage, estime le FMI

La dette publique de la Suisse se monte à 29% de son PIB, il s'agit de la dette la plus basse d'Europe. © Keystone / Christian Beutler

Le Fonds monétaire international a conclu lundi sa visite annuelle en Suisse, en lui faisant toute une série de recommandations. Et son premier conseil est d'investir davantage pour soutenir l'économie helvétique.

Ce contenu a été publié le 02 avril 2019 - 14:19
RTS

L'économie suisse va ralentir en 2019, après une croissance robuste ces dernières années, estime le Fonds monétaire international (FMILien externe), qui table sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,1%.

Le FMI rejoint ainsi la prévision du Secrétariat d'Etat à l'économie, alors que la Banque nationale suisse (BNS) s'attend elle à 1,5%. L'année passée, la croissance a atteint 2,5%.

Les experts du FMI estiment toutefois que ce ralentissement ne sera que passager et prévoient une croissance du PIB de 1,5% en 2020.

Des finances solides, mais trop peu d'investissements

Pour le FMI, la politique monétaire menée par la Suisse a permis d'atténuer les effets du franc fort et de stabiliser l'inflation et ceci malgré un contexte difficile. Les finances publiques sont solides, mais davantage d'investissements de l'Etat pourraient contribuer à soutenir l'économie helvétique, a relevé sa cheffe de mission Rachel van Elkan.

«Nous avons parlé avec un certain nombre de cantons qui avaient besoin d'investir mais qui en étaient empêchés par leur frein à l'endettement, a déclaré Rachel van Elkan mardi à la Radio Télévision Suisse (RTSLien externe). Ils ne sont donc pas en mesure d'investir dans l'éducation, la santé ou les routes, alors que les besoins sont là. Le problème vient peut-être du fait que les ressources ne sont pas allouées correctement.»

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Des critiques rejetées par la Confédération

Toutefois, pour le chef de l'administration fédérale des finances Serge Gaillard, le FMI sous-estime le niveau des investissements publics et les dépenses dans les secteurs évoqués par Rachel van Elkan ont fortement augmenté, avec des emplois à la clé.

Ce sont donc les dépenses pour maîtriser le franc fort qui sont déterminantes pour Serge Gaillard, qui estime que la Confédération n'est pas avare, comme le suggère le FMI, mais au contraire généreuse avec ses citoyens.

Trop d'hypothèques

Les risques pour l'économie helvétique pourraient venir d'une aggravation des tensions commerciales internationales et des incertitudes politiques en Europe, en particulier à cause du Brexit, a également relevé le FMI. Mais la pression vient aussi de l'intérieur.

Le FMI voit des risques sur le marché immobilier et hypothécaire helvétique, en particulier dans le segment des immeubles résidentiels de rendement. Environ 85% des actifs des banques sont concentrés dans des prêts hypothécaires. Les fonds de pension et les assurances sont également très exposés.

Un choc sur les prix de l'immobilier pourrait avoir des résonances sur l'économie. Le taux d'endettement des ménages suissesLien externe est en outre l'un des plus élevés au monde. Bien que des mesures aient été prises au niveau politique, le FMI recommande à la Suisse de faire encore plus en ce sens et de continuer à améliorer le cadre de régulation des marchés financiers.


Le rôle de la FINMA à améliorer

Dans leur appréciation, les experts du FMI proposent d'améliorer le rôle de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la FINMALien externe, et d'en augmenter les effectifs. L'organe de surveillance devrait pouvoir faire davantage de contrôles sur le terrain en particulier auprès des plus grandes banques. 

Des progrès ont été faits pour augmenter la sécurité du secteur financier et prévenir les crises, notent les experts du FMI. La capacité de résistance du secteur financier s’est accrue, de même que la capitalisation et les liquidités dans le secteur bancaire ont augmenté. 

Mais la Suisse pourrait s'engager encore plus pour atteindre les normes internationales en la matière. Un rejet de la réforme fiscale des entreprises liée à l'AVS, en votation le 19 mai, serait risqué, mettent-ils aussi en garde.

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